Dans cet essai au ton personnel, Paul Audi tente de dégager et d''éclaircir, parmi toutes les idées que le romancier Romain Gary a cherché à mettre en valeur, celles qu''il lui paraît urgent que nous entendions dans le contexte présent de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance. En prenant pour fil conducteur la phrase énigmatique de GROS-CÂLIN, le roman de Gary signé Emile Ajar: «J''attends la fin de l''impossible», il s''interroge en priorité sur cette étrange utopie qui se dissimule à l''arrière-plan de tous les écrits de Gary et que cet idéaliste désenchanté, ce «clown lyrique», disait vouloir poursuivre dans la vie envers et contre tout. Ce faisant, il parvient à mettre en perspective - comme pour mieux se la réapproprier - l''espérance qui fut celle de Gary, comme elle est au fond celle de tout un chacun, de voir l''homme, cet être profondément inhumain, naître un jour à son humanité, qui n''est autre que la reconnaissance de son essentielle fragilité.
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